Une alliée précieuse pour bien vieillir : LA NATURE

Et si la nature était l’une des meilleures alliées de notre cerveau après 60 ans ? Un jardin, une forêt, un parc, quelques arbres dans une rue, le chant des oiseaux ou simplement la lumière naturelle… Ces éléments qui font partie de notre quotidien peuvent avoir une influence beaucoup plus importante que nous ne l’imaginons sur notre bien-être psychologique et cognitif.

Avec l’âge, prendre soin de son cerveau ne consiste pas uniquement à faire des exercices de mémoire ou à surveiller son alimentation. Notre environnement, notre niveau d’activité physique, nos relations sociales et notre équilibre émotionnel jouent également un rôle essentiel. Et dans ce domaine, la nature possède de nombreux atouts.

Notre quotidien moderne sollicite énormément notre attention. Téléphone, télévision, ordinateur, circulation, informations, bruit, tâches domestiques… Notre cerveau doit constamment sélectionner les informations importantes et ignorer celles qui ne le sont pas. Cette sollicitation permanente peut contribuer à une sensation de fatigue mentale.

La nature offre au contraire un environnement beaucoup plus doux. Observer les arbres, écouter le bruit de l’eau, regarder les nuages ou suivre le mouvement des feuilles demande une forme d’attention moins volontaire et moins fatigante. Notre esprit peut alors se laisser porter par ce qui l’entoure. C’est une véritable parenthèse mentale. Après 60 ans, ces moments de calme peuvent être particulièrement intéressants pour préserver une bonne qualité de vie et favoriser la détente.

Le contact avec la nature est également associé à une diminution du stress et à une amélioration du bien-être psychologique. Pourquoi ? Parce que notre environnement influence directement notre état émotionnel. Un lieu agréable, calme et lumineux peut favoriser l’apaisement, tandis qu’un environnement bruyant, très dense ou constamment stimulant peut augmenter notre tension psychologique.

Une promenade dans un espace vert permet ainsi de changer de rythme.

On marche tranquillement.

On respire.

On observe.

On écoute.

Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous cessons de penser pendant quelques instants à nos problèmes et à nos préoccupations.

La nature ne fait évidemment pas disparaître les difficultés de la vie. Mais elle peut nous offrir un espace pour prendre du recul. Et ce recul est précieux pour notre équilibre émotionnel.

L’un des grands intérêts de la nature est qu’elle nous donne souvent envie de bouger. Une promenade dans un parc ou sur un chemin de campagne constitue une activité physique douce qui peut être adaptée aux capacités de chacun. Or, nous savons que l’activité physique régulière est importante pour le vieillissement en bonne santé. Marcher permet notamment de solliciter les muscles, les articulations, l’équilibre et les capacités cardiovasculaires.

Mais le cerveau profite lui aussi de cette activité.

Pendant la marche, notre organisme augmente notamment sa circulation sanguine, ce qui participe au bon fonctionnement de nombreux organes, dont le cerveau. La promenade devient alors une activité particulièrement intéressante : nous faisons travailler notre corps tout en offrant à notre esprit un environnement stimulant mais apaisant.

Et si la marche est pratiquée avec un proche ou un ami, nous ajoutons un autre ingrédient essentiel au bien vieillir : le lien social.

Avec l’âge, il est important de continuer à stimuler notre cerveau de différentes manières. La nature est formidable pour cela parce qu’elle sollicite plusieurs sens simultanément. Nous voyons les couleurs des fleurs et des paysages. Nous entendons les oiseaux, le vent ou la pluie. Nous sentons les parfums de l’herbe, des arbres ou des fleurs. Nous ressentons la chaleur du soleil ou la fraîcheur de l’air. Toutes ces informations sont analysées par notre cerveau. Une simple promenade peut donc devenir une véritable expérience sensorielle.

Et lorsque nous prenons le temps d’observer réellement notre environnement, nous faisons travailler notre attention.

Par exemple, essayez lors de votre prochaine promenade de repérer cinq choses que vous n’aviez jamais remarquées auparavant.

Une fleur particulière.

La forme d’un arbre.

Un oiseau.

Une odeur.

Un bruit.

Vous transformez ainsi une promenade ordinaire en petit exercice d’attention.

Bien sûr, vivre à proximité d’une forêt, d’un littoral ou d’un grand espace naturel facilite les contacts avec la nature. Mais les personnes vivant en ville peuvent également en profiter. Un jardin public, un square, une promenade arborée, un jardin partagé ou même quelques plantes sur un balcon peuvent constituer des occasions de contact avec le vivant.

Même lorsque l’on ne peut pas beaucoup marcher, il est possible de s’installer quelques minutes dans un jardin ou près d’une fenêtre donnant sur des arbres. L’objectif n’est pas de rechercher une immersion parfaite dans la nature. Il s’agit simplement de créer régulièrement des moments où notre cerveau peut quitter le bruit et la stimulation permanente du quotidien.

Comme pour beaucoup de choses concernant la santé et le bien-être, la régularité est probablement plus intéressante qu’une pratique exceptionnelle. Pas besoin de prévoir une grande randonnée chaque dimanche.

Pourquoi ne pas instaurer un petit rituel ?

10 à 20 minutes par jour peuvent déjà devenir un moment privilégié.

Une promenade après le déjeuner.

Quelques minutes dans le jardin.

Un café pris sur le balcon.

Une sortie avec un ami.

Une promenade avec son chien.

Observer les oiseaux depuis une fenêtre.

Entretenir quelques plantes.

Toutes ces petites habitudes permettent de maintenir un contact régulier avec le monde extérieur. Et elles peuvent devenir de véritables rendez-vous attendus dans la journée.

La grande force de la nature est finalement de réunir plusieurs éléments favorables au vieillissement en bonne santé.

Elle peut nous aider à nous détendre.

Elle nous encourage à bouger.

Elle stimule nos sens.

Elle favorise l’attention.

Elle peut améliorer notre humeur.

Et elle offre de nombreuses occasions de rencontrer ou de retrouver d’autres personnes.

Elle ne remplace évidemment ni un suivi médical, ni une activité physique adaptée, ni une alimentation équilibrée. Mais elle peut parfaitement trouver sa place dans une démarche globale de prévention et de bien-être.

Conclusion

Vieillir en bonne santé ne signifie pas seulement chercher à conserver une bonne mémoire ou rester physiquement actif. C’est aussi prendre soin de son environnement et de son équilibre émotionnel.

La nature nous rappelle quelque chose d’essentiel : notre cerveau a besoin de moments de stimulation, mais il a également besoin de moments de calme.

Après 60 ans, prendre quelques minutes pour marcher dans un parc, observer un arbre, écouter les oiseaux ou simplement profiter de la lumière naturelle peut sembler anodin. Pourtant, ces petits moments participent à une meilleure qualité de vie. Alors, la prochaine fois que vous vous sentez fatigué, préoccupé ou simplement saturé par le quotidien, avant de chercher une nouvelle activité compliquée… Sortez. Marchez quelques minutes. Respirez. Regardez autour de vous. Écoutez.

La nature ne demande rien en retour. Elle nous offre simplement un espace pour ralentir, bouger, ressentir et parfois… retrouver un peu de nous-mêmes.

Et si bien vieillir commençait aussi par apprendre à prendre le temps de regarder un arbre ?

 

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Cécile AGUESSE,
Géronto-psychologue.

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