Conseils psychologiques pour vieillir heureux !

Vieillir est une étape naturelle de l’existence. Pourtant, notre société associe encore trop souvent l’avancée en âge aux pertes, aux limitations ou à la dépendance. On parle davantage des rides, des maladies, de la retraite ou de la solitude que des nouvelles libertés, de l’expérience acquise, de la capacité à transmettre et des plaisirs qui peuvent encore être nombreux.

Pourtant, vieillir ne signifie pas nécessairement être moins heureux, le bonheur ne disparaît pas avec les années, il évolue.

Après 60 ans, certaines priorités peuvent changer. On peut avoir davantage besoin de tranquillité, de relations authentiques, de temps pour soi et d’activités qui ont réellement du sens. L’objectif n’est donc pas de rester éternellement jeune, mais de continuer à construire une vie qui nous ressemble. Alors, comment favoriser le bien-être psychologique en avançant en âge ?

La première étape consiste peut-être à accepter que le temps passe. Accepter son âge ne signifie pas renoncer à soi-même, cela signifie reconnaître que notre corps, nos priorités et parfois notre rythme évoluent. Certaines capacités peuvent diminuer, mais d’autres ressources peuvent devenir plus importantes : l’expérience, la connaissance de soi, la capacité à relativiser ou encore la maturité émotionnelle. Il est donc préférable de ne pas passer son temps à comparer la personne que l’on est aujourd’hui avec celle que l’on était à 30 ou 40 ans.

Une question beaucoup plus constructive peut être peut se poser : « Que puis-je encore vivre, apprendre, découvrir et partager aujourd’hui ? »

Vieillir heureux ne consiste pas à nier les changements liés à l’âge, mais à continuer à avancer malgré eux. Les relations sociales jouent un rôle essentiel dans notre équilibre psychologique. Avec l’âge, le cercle relationnel peut parfois se réduire : départ à la retraite, éloignement des enfants, décès de proches, déménagements ou perte de certaines habitudes sociales. Il devient alors important d’entretenir volontairement les liens qui comptent. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir des dizaines d’amis. Quelques relations sincères et sécurisantes peuvent être beaucoup plus précieuses qu’un grand réseau social superficiel. Téléphoner à un ami, prendre un café avec une connaissance, rejoindre une association, participer à une activité collective ou simplement discuter avec un voisin sont autant de petites occasions de maintenir le lien. Et surtout, il ne faut pas attendre d’être isolé pour agir.

Le lien social s’entretient comme un jardin : un peu régulièrement vaut mieux que beaucoup de temps en temps.

L’être humain a besoin d’avoir des raisons de se lever le matin. Un projet n’a pas besoin d’être extraordinaire. Il peut s’agir de préparer un voyage, aménager un jardin, apprendre l’italien, écrire ses souvenirs, commencer la peinture, participer à une association, découvrir une nouvelle région ou simplement organiser régulièrement une sortie avec des amis. Le projet donne une direction. Il permet également de conserver une sensation d’utilité et de compétence.

Après la retraite, certaines personnes peuvent avoir le sentiment que leur rôle social disparaît. Pourtant, la fin de la vie professionnelle ne signifie absolument pas la fin de l’activité, de la créativité ou de la contribution aux autres.

Nous avons besoin de projets à 20 ans, à 40 ans… mais aussi à 60, 70, 80 ans et au-delà.

Nous sommes parfois beaucoup plus sévères avec nous-mêmes qu’avec les autres.

« Je suis trop vieux. »

« Je ne suis plus capable. »

« Je n’ai plus rien à apporter. »

« Ce n’est plus de mon âge. »

Ces petites phrases répétées peuvent progressivement modifier notre perception de nous-mêmes. Il est donc important d’observer notre dialogue intérieur.

Plutôt que de dire :

« Je ne peux plus faire comme avant. »

Essayons :

« Je vais chercher une autre manière de faire. »

Cette nuance peut sembler minime, mais elle change profondément notre manière d’aborder les difficultés. La bienveillance envers soi-même n’est pas de la faiblesse. C’est une façon plus équilibrée de reconnaître ses limites sans oublier ses ressources.

Le plaisir est parfois considéré comme quelque chose de secondaire. Pourtant, il joue un rôle important dans l’équilibre psychologique.

Après 60 ans, il est essentiel de continuer à s’autoriser des moments agréables : écouter de la musique, cuisiner, jardiner, lire, se promener, regarder un film, rire avec des amis, voyager, danser ou simplement savourer tranquillement son café du matin. Le plaisir n’a pas besoin d’être coûteux. Il peut même être extrêmement simple.

Observer un coucher de soleil.
Écouter le chant des oiseaux.
Faire une promenade.
Partager un repas.
Téléphoner à quelqu’un que l’on aime.

Ces petits moments constituent une véritable réserve de bien-être au quotidien.

Avec l’expérience, certaines personnes découvrent qu’elles n’ont plus envie de perdre leur temps dans des conflits inutiles. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Vieillir peut être l’occasion de mieux choisir ses combats.

Tout ne mérite pas une réponse.
Tout ne mérite pas une colère.
Tout ne mérite pas une inquiétude.

Il peut être utile de se demander : « Est-ce que cette situation aura encore de l’importance dans six mois ? » Si la réponse est non, peut-être pouvons-nous lui accorder un peu moins de place aujourd’hui. Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut tout accepter ou tout supporter. Cela signifie simplement apprendre à préserver son énergie psychologique pour ce qui compte vraiment.

Notre cerveau conserve une remarquable capacité d’adaptation tout au long de la vie. Apprendre quelque chose de nouveau permet de stimuler cette capacité. Il peut s’agir d’une nouvelle langue, d’un instrument de musique, d’une recette, d’une activité artistique, d’un sujet scientifique ou même d’une compétence numérique. L’objectif n’est pas de devenir expert. L’objectif est de rester curieux. La curiosité nous pousse à découvrir, à poser des questions et à sortir de la routine. Et surtout, elle nous rappelle une chose essentielle : nous ne sommes jamais complètement « arrivés ». Il reste toujours quelque chose à découvrir.

Vieillir heureux ne signifie évidemment pas être heureux tous les jours. Il y aura toujours des moments de tristesse, de solitude, de colère ou de découragement. Certaines épreuves deviennent particulièrement difficiles avec l’âge : maladie d’un proche, deuil, difficultés financières, perte d’autonomie ou changement de vie. Il est donc important de ne pas transformer le bonheur en obligation. On peut être globalement heureux dans sa vie et traverser une période difficile. Les émotions désagréables ont leur place. En revanche, lorsqu’une tristesse profonde, une perte d’intérêt ou un isolement persistent et commencent à empêcher de vivre normalement, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide à un professionnel. Prendre soin de sa santé psychologique est tout aussi légitime que prendre soin de sa santé physique.

Conclusion :

Vieillir heureux ne signifie pas avoir une vie parfaite. Cela signifie apprendre à apprécier ce qui est encore là, tout en acceptant avec réalisme ce qui a changé. C’est conserver des liens, des projets, de la curiosité et des petits plaisirs.

C’est aussi apprendre à être plus indulgent envers soi-même et à ne pas mesurer sa valeur uniquement à ce que l’on était autrefois capable de faire. Chaque âge possède ses pertes, mais aussi ses richesses.

À 60 ans, 70 ans, 80 ans ou davantage, nous pouvons encore rire, aimer, apprendre, transmettre, créer, rencontrer, découvrir et nous émerveiller.

Le véritable objectif n’est donc peut-être pas de « bien vieillir » à tout prix. Il est de continuer à bien vivre. Et parfois, le bonheur se trouve dans quelque chose de très simple : regarder autour de soi et se dire : «  Aujourd’hui encore, il y a des choses qui valent la peine d’être vécues».

cecile aguesse geronto psychologue portrait

Cécile AGUESSE,
Géronto-psychologue.

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