Accompagner un malade souffrant de maladie d'Alzheimer sans s'épuiser, c'est possible !

Accompagner un proche atteint de la maladie d’Alzheimer est un acte d’amour, de générosité et de courage. Pourtant, cette mission peut rapidement devenir éprouvante. Entre les oublis répétés, les changements de comportement, les rendez-vous médicaux, les tâches du quotidien et l’inquiétude permanente, de nombreux aidants finissent par s’oublier eux-mêmes.

Or, pour pouvoir aider durablement une personne atteinte d’Alzheimer, il est indispensable de préserver également sa propre santé physique et psychologique. Un aidant épuisé ne peut plus offrir la présence sereine dont son proche a besoin. Prendre soin de soi n’est donc pas un luxe, mais une nécessité.

L’une des premières difficultés consiste à ne pas prendre personnellement les paroles ou les réactions du malade. Une personne atteinte d’Alzheimer peut devenir méfiante, agressive, répétitive ou sembler ne plus reconnaître ceux qu’elle aime.

Ces comportements ne sont pas volontaires. Ils sont la conséquence des lésions cérébrales provoquées par la maladie. Garder cette réalité à l’esprit permet souvent de diminuer la culpabilité, la colère ou le sentiment d’échec que ressentent de nombreux proches.

Il est également utile d’accepter que l’on ne pourra pas convaincre la personne par la logique. Mieux vaut entrer dans son univers avec douceur que chercher à lui démontrer qu’elle se trompe.

Beaucoup d’aidants veulent tout faire eux-mêmes. Ils souhaitent maintenir le domicile, assurer les repas, gérer les traitements, accompagner chaque sortie et répondre immédiatement à chaque demande.

Cette volonté part d’une belle intention mais conduit souvent à l’épuisement.

Il est important d’accepter que personne ne peut être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il est normal de ressentir de la fatigue, de l’impatience ou parfois même de l’agacement. Ces émotions ne signifient pas que l’on aime moins son proche. Elles montrent simplement que l’on est humain.

Les aidants ont souvent tendance à reporter leurs propres rendez-vous médicaux, à dormir moins, à manger rapidement ou à abandonner leurs loisirs.

Pourtant, quelques habitudes simples permettent de mieux résister au stress :

  • Dormir suffisamment lorsque cela est possible ;
  • Conserver une alimentation équilibrée ;
  • Pratiquer une activité physique régulière, même une simple marche quotidienne ;
  • Maintenir des moments de détente, de lecture, de jardinage ou de musique ;
  • Continuer à voir des amis ou des membres de la famille.

Ces moments de respiration permettent de recharger les batteries émotionnelles.

L’isolement est l’un des principaux facteurs d’épuisement des aidants.

Parler avec d’autres personnes vivant la même situation permet de se sentir compris et soutenu. Les groupes de parole offrent un espace où chacun peut exprimer ses difficultés sans être jugé.

Il ne faut pas hésiter non plus à solliciter la famille. Même si chacun ne peut pas aider de la même manière, une visite, quelques courses, un repas préparé ou une présence pendant une heure représentent déjà une aide précieuse.

Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une façon de protéger la relation avec son proche.

Aujourd’hui, de nombreuses solutions existent pour permettre aux aidants de souffler quelques heures ou quelques jours.

Parmi elles, on retrouve :

  • L’accueil de jour ;
  • L’hébergement temporaire ;
  • Les services d’aide à domicile ;
  • Les équipes spécialisées Alzheimer ;
  • Les plateformes d’accompagnement et de répit.

Ces dispositifs permettent à la personne malade de bénéficier d’activités adaptées tout en offrant un temps de récupération indispensable à son aidant.

Vouloir maintenir exactement la même organisation qu’avant la maladie devient rapidement impossible.

Il est souvent préférable de simplifier certaines tâches :

  • Privilégier des repas faciles à préparer ;
  • Instaurer une routine rassurante ;
  • Éviter les journées trop chargées ;
  • Préparer les vêtements à l’avance ;
  • Utiliser un calendrier ou des rappels visuels.

Une journée plus simple est généralement une journée plus apaisée, aussi bien pour la personne malade que pour son aidant.

Lorsque la mémoire diminue, les émotions restent longtemps préservées.

Le ton de la voix, un sourire, une caresse sur la main ou un regard bienveillant ont parfois beaucoup plus d’impact que de longues explications.

Quelques principes facilitent la communication :

  • Parler lentement ;
  • Utiliser des phrases courtes ;
  • Poser une seule question à la fois ;
  • Laisser le temps de répondre ;
  • Éviter les confrontations inutiles ;
  • Valoriser les réussites, même modestes.

Le climat émotionnel est souvent plus important que les mots eux-mêmes.

L’évolution de la maladie impose souvent de nouvelles décisions : adaptation du logement, aides professionnelles, protection juridique ou éventuelle entrée en établissement.

Anticiper ces étapes permet de les vivre plus sereinement lorsqu’elles deviennent nécessaires.

Il est important de se rappeler qu’un placement en établissement n’est jamais un abandon. Dans certaines situations, il constitue au contraire la meilleure solution pour garantir la sécurité de la personne malade tout en préservant la santé de son aidant.

L’une des plus grandes difficultés est de reconnaître que l’on ne peut pas tout contrôler.

La maladie d’Alzheimer évolue malgré tous les soins apportés. L’objectif n’est pas de guérir la maladie mais d’offrir la meilleure qualité de vie possible à la personne atteinte tout en préservant la sienne.

Être un bon aidant ne signifie pas être un aidant parfait. Cela signifie être présent, bienveillant et savoir demander de l’aide lorsque cela devient nécessaire.

Conclusion

Accompagner un proche atteint de la maladie d’Alzheimer est sans doute l’une des expériences les plus exigeantes de la vie. Elle demande de la patience, de l’adaptation et une immense force intérieure. Pourtant, cette force ne peut durer que si l’aidant prend également soin de lui.

S’accorder du repos, accepter de déléguer certaines tâches, maintenir une vie sociale, préserver sa santé et utiliser les dispositifs de répit sont autant de moyens de continuer à accompagner son proche avec sérénité. En réalité, prendre soin de soi est une façon de prendre soin de l’autre.

N’oublions jamais qu’un aidant soutenu, écouté et préservé est le meilleur allié de la personne vivant avec la maladie d’Alzheimer. Derrière chaque geste du quotidien se cache une relation faite de tendresse, de patience et d’humanité. Et c’est souvent cette présence chaleureuse, bien plus que les mots, qui apporte le plus de réconfort.

Pour aller encore plus loin : « ALZHEIMER, quoi faire ! disponible sur ce site.

cecile aguesse geronto psychologue portrait

Cécile AGUESSE,
Géronto-psychologue.

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