LES TROUBLES DU COMPORTEMENT LIES A LA DEMENCE EXPLIQUES SIMPLEMENT

Lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie démentielle, comme la maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence, son entourage s’attend souvent à des problèmes de mémoire. Pourtant, ce sont bien souvent les changements de comportement qui deviennent les plus difficiles à vivre au quotidien.

Agitation, agressivité, anxiété, déambulation, refus de soins ou encore hallucinations peuvent apparaître au cours de l’évolution de la maladie. Ces manifestations sont appelées « troubles du comportement ». Elles sont fréquentes et concernent une grande majorité des personnes atteintes de démence à un moment ou à un autre de leur parcours.

Comprendre leur origine permet souvent de mieux les gérer et d’éviter de nombreuses situations de tension.

La démence est une maladie du cerveau. Progressivement, certaines zones cérébrales qui permettent de réfléchir, de comprendre, de se souvenir ou de contrôler ses émotions fonctionnent moins bien.

La personne malade ne perçoit plus toujours correctement son environnement. Elle peut interpréter une situation de manière erronée ou bien ressentir des difficultés à exprimer ses besoins.

Imaginez un instant que vous vous réveilliez dans un lieu que vous ne reconnaissez pas, entouré de personnes dont vous ne comprenez plus le rôle. Il serait normal de ressentir de la peur ou de l’inquiétude. C’est souvent ce que vivent les personnes atteintes de démence.

Le trouble du comportement est alors une forme d’expression. Il constitue parfois le seul moyen dont dispose la personne pour dire qu’elle souffre, qu’elle a peur ou qu’elle ne comprend pas ce qui lui arrive.

De nombreuses personnes atteintes de démence deviennent anxieuses. Elles peuvent poser plusieurs fois la même question, rechercher constamment un proche ou craindre d’être abandonnées.

Cette anxiété est souvent renforcée par les difficultés de mémoire qui les empêchent de se rassurer durablement.

L’agitation peut prendre différentes formes : gestes répétitifs, déplacements incessants, cris ou nervosité importante.

Elle survient fréquemment lorsque la personne est fatiguée, stressée ou confrontée à un environnement trop stimulant.

Certaines personnes marchent sans cesse dans les couloirs, souhaitent sortir ou affirment devoir rentrer chez elles alors qu’elles sont déjà à leur domicile.

Cette déambulation répond souvent à un besoin de mouvement, à une recherche de repères ou à une inquiétude intérieure.

L’agressivité verbale ou physique est souvent très éprouvante pour les aidants.

Pourtant, elle n’est généralement pas volontaire. Elle apparaît souvent lorsque la personne se sent menacée, incomprise ou contrainte. Un soin réalisé trop rapidement ou une consigne mal comprise peuvent suffire à déclencher une réaction défensive.

Certaines personnes voient des personnes inexistantes, entendent des voix ou pensent qu’on leur vole leurs affaires.

Pour elles, ces perceptions sont réelles. Les contredire brutalement risque souvent d’augmenter leur angoisse.

Comment réagir face à ces comportements ?

La première règle consiste à essayer de comprendre ce que la personne cherche à exprimer.

Derrière un comportement difficile peut se cacher :

  • Une douleur ;
  • Une infection ;
  • Une fatigue importante ;
  • La faim ou la soif ;
  • Un besoin d’aller aux toilettes ;
  • La solitude ;
  • Une peur ou une incompréhension.

Avant de considérer le comportement comme un simple symptôme de la maladie, il est donc essentiel de rechercher une cause.

Adopter une attitude rassurante

Parler calmement, utiliser des phrases simples et maintenir un contact visuel aide souvent à diminuer l’anxiété.

Le ton de la voix est parfois plus important que les mots eux-mêmes.

Éviter les confrontations

Vouloir absolument convaincre la personne qu’elle se trompe est rarement efficace.

Si une dame affirme attendre son mari décédé depuis plusieurs années, il est généralement préférable de s’intéresser à l’émotion qu’elle ressent plutôt qu’à la réalité des faits.

Maintenir des repères

Les routines quotidiennes rassurent les personnes atteintes de démence.

Des horaires réguliers pour les repas, les activités et le coucher permettent souvent de réduire l’apparition de comportements perturbateurs.

Favoriser les activités adaptées

La marche, la musique, le jardinage, les activités manuelles ou la présence d’un animal peuvent contribuer à diminuer l’agitation et améliorer le bien-être.

L’objectif n’est pas la performance mais le plaisir et le sentiment d’utilité.

Le rôle essentiel des proches

Les aidants familiaux sont souvent en première ligne face aux troubles du comportement. Ils peuvent se sentir démunis, découragés ou épuisés.

Il est important de rappeler que ces comportements ne reflètent pas la personnalité profonde de la personne malade. Ils sont la conséquence directe des modifications cérébrales provoquées par la maladie.

Les proches ne doivent pas rester seuls face à ces difficultés. Les professionnels de santé, les équipes spécialisées, les associations et les groupes de soutien peuvent apporter une aide précieuse.

Prendre soin de soi est également indispensable pour pouvoir continuer à accompagner son proche dans la durée.

Conclusion

Les troubles du comportement font partie intégrante de nombreuses maladies démentielles. Bien qu’ils soient parfois difficiles à comprendre et à gérer, ils sont souvent l’expression d’un besoin, d’une souffrance ou d’une inquiétude que la personne ne parvient plus à verbaliser.

Plutôt que de voir ces comportements comme de la mauvaise volonté ou de l’opposition, il est utile de les considérer comme un langage différent. L’écoute, la patience, la bienveillance et la recherche des causes sous-jacentes permettent souvent d’apaiser les situations.

Accompagner une personne atteinte de démence demande du temps et de l’énergie, mais comprendre ce qui se cache derrière les comportements difficiles constitue déjà une étape essentielle vers un accompagnement plus serein et plus humain.

Pour aller encore plus loin : Les fiches techniques : «pack psy sur ce site».

cecile aguesse geronto psychologue portrait

Cécile AGUESSE,
Géronto-psychologue.

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