Pourquoi et comment peut-on lutter contre la dénutrition chez la personne âgée ?

« La dénutrition entraîne un accroissement de la mortalité et de la morbidité chez nos aînés, c’est pourquoi son diagnostic doit devenir systématique ».

Parce que la dénutrition a une importante responsabilité dans le risque de chute, de fracture, d’hospitalisation, d’infection nosocomiale, de décès, de dépendance…, chez la personne âgée, il est urgent de la diagnostiquer.
Parce que la dénutrition a une importante responsabilité dans le risque de chute, de fracture, d’hospitalisation, d’infection nosocomiale, de décès, de dépendance…, chez la personne âgée, il est urgent de la diagnostiquer.
Les études ont permis de montrer que 4 à 10 % des sujets âgés qui vivent à leur domicile sont dénutris ; que ce taux s’élève à 38 % chez ceux qui sont hébergés en institution ; enfin que ce taux s’envole chez les personnes âgées hospitalisées puisqu’il atteint 70 %.
En conséquence, la pose diagnostic d’une dénutrition doit être systématisée puisqu’elle constitue une urgence gériatrique !
La Haute Autorité de Santé (HAS) nous rappelle que tout diagnostic de dénutrition repose sur plusieurs critères :
1- Phénotypique :
En référence à la perte de poids, qui doit être supérieure à 5 % en 1 mois ou de 10 % sur 6 mois par rapport au poids de forme habituel ;
En référence à l’Indice de Masse Corporelle (IMC), dont le score doit être inférieur à 22 points (pour rappel le score IMC est calculé comme suit : poids : taille au carré) ;
En référence au critère de sarcopénie c’est-à-dire à la fois une diminution de la masse musculaire et de la force musculaire. Un seul de ces critères phénotypiques est suffisant pour parler de dénutrition, mais il faut également y associer un second critère (étiologique) ;
2- Etiologique :
En référence à la réduction de la prise alimentaire (qui doit être réduite de plus de la moitié sur plus d’une semaine ou bien d’une réduction des apports pendant plus de deux semaines par rapport à la prise alimentaire habituelle).
Si sont observés un critère phénotypique associé à un critère étiologique, le clinicien est alors en mesure de poser le diagnostic d’une dénutrition.
Il est intéressant de souligner qu’une personne âgée en situation d’obésité est tout-à-fait en mesure d’être dénutrie. Chez cette dernière, le diagnostic de dénutrition repose sur l’observation d’un critère phénotypique, de sarcopénie et sur la présence d’un critère étiologique. Par contre, l’IMC n’est pas pris en compte dans ce contexte bien particulier qu’est l’obésité.
Lorsque l’on travaille en institution, le diagnostic de dénutrition est l’affaire de tous !
Il s’agit donc d’un accompagnement pluridisciplinaire qui peut par exemple devenir le suivant :
1- La diététicienne qui réalise un bilan nutritionnel,
2- Les aides-soignants qui pèsent mensuellement l’ensemble des résidents et dressent pour chacun d’entre eux une courbe de poids garantissant un suivi visuel rapide et systématique,
3- La proposition d’une alimentation à la demande (en fractionnant par exemple les repas et leurs prises au cours de la journée),
4- Les cuisines qui peuvent enrichir l’alimentation proposée en utilisant des crèmes, des sauces…,
5- Le médecin qui peut prescrire l’addition de compléments alimentaires de façon temporaire, régulière ou bien sur le plus long terme,
6- Les agents d’animation peuvent aussi proposer aux résidents des activités en rapport avec « le mieux manger » c’est-à-dire comment et pourquoi manger de manière plus équilibrée, plus variée, plus adaptée à leurs goûts, à leurs possibilités, leurs souhaits, en évoquant in fine les conséquences d’une prise alimentaire lorsqu’elle est correcte ou lorsqu’ elle ne l’est pas,
7- Les accompagnants aux différents temps de repas peuvent comptabiliser les ingestas pour chacun des résidents, voire proposer d’effectuer un suivi alimentaire,
8- Les cuisines peuvent laisser des gâteaux, des crèmes…, en libre accès dans les communs afin que les résidents se servent selon leurs envies,
9- Les agents peuvent solliciter les familles pour apporter des plats préparés par leurs proches afin de stimuler leur appétit,
10- Des activités physiques peuvent être programmées pour stimuler la sensation de faim.
Au total, l’alimentation est un levier pour être et pour rester en bonne santé, d’où l’importance :
– De faire de la prévention, c’est-à-dire de mettre en place des actions de sensibilisation,
– D’accompagner, en proposant aux proches (agents, familles…) un programme de sensibilisation,
– De proposer des formations auxquelles les accompagnants pourraient venir participer afin d’améliorer leurs connaissances en matière d’alimentation adaptée aux plus de 60 ans.

Le petit + : un verre d’eau additionné d’un jus de citron avant la prise des repas stimule la salivation, donc stimule l’appétit.

Pour aller encore plus loin, je vous renvoie à la section micro-formations de ce site et plus précisément à ma formation : « PREVENIR LA DENUTRITION ET LA MALNUTRITION CHEZ LA PERSONNE ÂGEE » qui est disponible en deux formats : digital et papier.
cecile aguesse geronto psychologue portrait

Cécile AGUESSE,
Géronto-psychologue.

Partagez cet article en un clic !

À la une

photoarticlesommeiletAlzheimer

Implication du sommeil dans l’émergence d’une maladie d’Alzheimer

Le sommeil est un phénomène universel qui fait naturellement suite à une période d’éveil. Chacun ...
Découvrir →
o mundo da velhice cecile aguesse geronto psicologa blog huntington

Du nouveau côté PARKINSON !

L’intérêt de la recherche pour ralentir la progression de la maladie et améliorer dans le ...
Découvrir →