Facteurs de risque de complication du deuil

Dans 95 % des cas le processus de deuil suit une trajectoire tout à fait normale, ce qui permet à l’endeuillé de réinvestir un parcours de vie adapté. Mais, dans 5 % des cas, le processus de deuil s’éloigne de sa trajectoire normale pour se compliquer et ne pas aboutir.

Afin de mettre de son côté toutes les chances d’évoluer vers un processus de deuil normal, l’endeuillé doit être en capacité d’élaborer trois phases essentielles : la phase de choc, la phase centrale, la phase ultime sans quoi il risque d’assister à l’installation de processus morbides susceptibles d’altérer la qualité de vie.
Dans 95 % des cas le processus de deuil suit une trajectoire tout à fait normale, ce qui permet à l’endeuillé de réinvestir un parcours de vie adapté.
Mais, dans 5 % des cas, le processus de deuil s’éloigne de sa trajectoire normale pour se compliquer et ne pas aboutir.
On connait trois genres de deuils compliqués :
1- Le deuil différé, qui se caractérise par le déni du décès, c’est-à-dire que le proche de la personne décédée refuse d’accepter la perte retardant de fait l’introduction dans son processus de deuil,
2- Le deuil inhibé, selon lequel l’endeuillé au lieu d’extérioriser les émotions, les internalise au plan somatique ce qui entraîne des somatisations (maux divers),
3- Le deuil chronique, qui n’évolue pas en tant que processus risquant d’orienter l’endeuillé vers une dépression chronique.
C’est la perte qui est le catalyseur du deuil compliqué ou pathologique qui va engendrer la dégradation physique, psychologique de l’endeuillé. A l’origine on suspecte une construction psychologique précaire risquant d’entraîner des pathologies cardiovasculaires telles que : les AVC, infarctus…, ou bien psychiatrique telle que : dépression.
Le deuil a également une incidence au niveau de la mortalité. Il est en effet établi que la mortalité serait accrue dans les deux premières années suivant le décès.
Dans un contexte clinique il est possible de prévenir la manifestation d’un deuil pathologique. Différents signes permettent cette discrimination et notamment :
– Les circonstances liées à la perte, selon que le décès se soit produit de manière brutale, inattendue…,
– La répétition des deuils de manière rapprochée,
– Selon le type de lien entretenu avec la personne décédée (relation de dépendance de type anaclitique, ambivalente),
– En fonction de l’âge de la personne au moment du décès,
– Selon que l’endeuillé souffre ou pas de troubles psychiatriques (fragilité psychique),
– Les circonstances au moment de la perte (difficultés financières, chômage, SDF…),
– En cas d’absence de support social et psychosocial.
Afin de mettre de son côté toutes les chances d’évoluer vers un processus de deuil normal, l’endeuillé doit être en capacité d’élaborer trois phases essentielles : la phase de choc, la phase centrale, la phase ultime sans quoi il risque d’assister à l’installation de processus morbides susceptibles d’altérer la qualité de vie.
De fait, le maintien d’un équilibre psychologique associé au deuil normal doit-il suivre la trajectoire suivante :
1- La phase de choc, constituée de manifestations émotionnelles couplées à la présence de certains mécanismes de défense. Cette conjugaison d’éléments doit permettre à l’endeuillé de prendre conscience, de mentaliser qu’il y a eu décès et que la réalité est bouleversée,
2- La phase centrale, qui se traduit par la manifestation d’une symptomatologie dépressive : ralentissement idéomoteur, anhédonie, pessimisme, qualité du sommeil et de l’alimentation altérée…,
3- La phase ultime, moins douloureuse par rapport à la précédente, qui consiste à détacher progressivement la libido du défunt pour réinvestir de nouveaux enjeux de vie, de nouvelles relations, la reprise d’anciennes habitudes de vie un peu délaissées au cours de la période de deuil et surtout, cette capacité à se remémorer le défunt sans souffrance psychologique excessive.

Ainsi, l’endeuillé doit-il pouvoir s’autoriser un temps au cours duquel le travail d’élaboration psychique va se dérouler puis aboutir à sa phase ultime.
Lorsque l’on sait quels facteurs de risque compliquent le processus de deuil, instaurer un lien authentique avec l’endeuillé est manifestement nécessaire. Ce lien va permettre de prévenir les risques.
En premier lieu, l’endeuillé doit être « au clair » avec le décès, ses circonstances ; ce travail permettra à l’endeuillé de mentaliser la mort et la réalité de sa nouvelle situation sans l’autre. C’est l’étape indispensable à l’entrée dans la première phase du deuil.
L’expression des émotions est également un élément essentiel d’avancée dans ce processus ; les refreiner serait une grave erreur. En effet, cette décharge émotionnelle, considérée comme normale, va permettre leur validation. D’abord incontrôlable par l’endeuillé, les émotions vont, au fil du temps se minorer pour permettre ce réinvestissement dans la pulsion de vie justement parce que le processus de deuil aura suivi son cheminement normal.
cecile aguesse geronto psychologue portrait

Cécile AGUESSE,
Géronto-psychologue.

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